Je vous le dis, je vis.
Je bondis de rage contre la prétention. Je mords mes ennemis, les griffes, et les gifle. Je casse ces jouets luxueux qui m'étouffent. Ces soies qui m'égorgent. Je fais trembler ma peau comme un animal. Se débarrasser des insectes qui abusent de mon sang, de ma vie. Je ne veux pas de ton amour, de tes pleurs, de ta mélancolie. Je te les rends et je m'en vais. Je préfère être seule certains soirs et pleurer sous mes draps, mais que tu t'en ailles. Casse toi ! Arrête de chialer, tu ne m'auras pas, tu ne m'auras plus. Je te brise pauvre petit couple que nous étions. Elle était belle ta main dans la mienne, tes côtes contre les vertèbres de ma colonne, nos regards enlacés au restaurant, et moi qui me disais déjà sûrement... mais où es tu ? Que fais tu ? M'entends tu ? Oh non je ne m'entendais pas. Je hurlais sûrement déjà dans le lointain de ma propre écoute. Mes index dans les oreilles, l'air innocent. Et je me débattais pourtant contre ma propre étreinte toujours plus forte poussée par la complaisance écoeurante de ce qui ne m'ira jamais
J'ai compris que je ne serai jamais une femme. Je ne rentrerai jamais dans les jolies robes blanches des vitrines exhibées, ou juste pour jouer. Oui, on ira courir comme des fous, déguisés en mariés. On fera semblant. Et demain matin avant que le jour ne te dévoile, je partirai.. Je ne suis pas une toile blanche ou tu pourras t'inscrire en lettres capitales. Très sincèrement va te faire voir. Je suis ton amante, je suis folle, je te rends dingue si tu veux. Mais je me m'arraches après. Et c'est tout.
