Regarder... Et puis ce choc. Très violent qui nous projette en avant. La voiture de derrière s'est arrêtée sur nous. Le gars est ivre de façon scandaleuse. Je lui hurle des leçons de morales tout en sachant que notre taux d'alcool est sans doute similaire. Je suis comme face à moi-même. Je crie à cet abruti toute la colère que j'éprouve envers mon propre comportement. Il est une sorte de reflet dont je m'insurge. Ma voiture n'a presque rien, lui a brisé ses phares. Je cherche un constat que je se serais incapable de remplir et que je ne trouve pas. Il tente de me donner son numéro mais ne se rappelle que de 8 chiffres. Je l'insulte dans tous les registres qui me viennent à l'esprit. Il a deux amis. Un qui tente de s'interposer car le chauffeur ivre s'agace de mes emportement, un autre qui s'énerve et me pousse. Nous partons. Le retour est difficile. On monte discrètement les escaliers en colimaçon de chez Ju. Le sommeil recouvre instantanément les périples du soir. Le réveil sera dur, c'est dans ce genre de moment que cette phrase me parle le plus : « Tous les matins du monde sont sans retour ».




