Avoir pris l'habitude de ne plus décider pour soi même. De se laisser aller aux envies, aux désirs immédiats et irréfléchis. Ne plus se projeter, ne plus y parvenir. Ne plus discerner un horizon vers lequel avancer. Ne pas avoir l'envie d'écarter les nuages. Cercle vicieux. J'ai perdu le goût de construire lorsque mon existence s'est écroulée sans que je ne m'y attende, j'ai vécu dans les briques dispersées sur le sol, aujourd'hui je m'y allonge. Je fais quelques constructions qui s'écroulent. Je joue aux kaplas. J'attend une secousse qui ne vient pas. J'espère secrètement et sans y croire une sonnerie stridente qui m'arrache à cette torpeur. Je somnole, me lève la nuit, me repose quand le jour pointe. Le jour et sa lumière dont le parfum m'échappe. J'ai conscience d'être immobile, je le regrette et ne parviens pas à courir.
Je regarde les jours qui passent sans picotement. Des jours qui pourtant sont chargés de nouveautés, de surprises et de rires. Je m'enlise. Les joies de ma vie glissent sur mon corps sans volonté.
Je l'avoue, combien de textes emprunts de cette même tonalité lymphatique ?
J'ai presque tout et toutes les possibilités, et ne saisit rien. Je préfère fuir dans ma tristesse sans déceptions et je me déçois, me déconsidère.
Pradal by himself