Earl grey nigth

Earl grey nigth
Je compresse ma gorge entre mon pouce et mon index, geste presque médical... je sent sous mes doigts une étrange disproportion... prémices d'une angine...
J'ai hésité avant d'enfiler mon manteau pour sortir... Le plaid et la lampe de chevet appelaient ma flemme. Et puis un sentiment étrange... sentir que l'on prend le risque de passer à côté de quelque chose... je me suis laissé guider par ma curiosité. Je suis partie au Woodies rejoindre mon incroyable voisin. Mélange de folie et de génie ! A peine entrée dans le pub, j'ai compris... Olivier. C'était lui la petite voix du regret possible. Traits fins, mélange de modestie et de culture extrême. J'ai succomber psychiquement sans le pouvoir faire physiquement. Évidemment, il fallait que ça arrive 5 jours avant la venue d'Aurélien. Mais je décide que ce petit évènement n'aura pas de conséquences. Ce serait trop simple.
Nous passons donc boire un thé à la maison voisine. Un puis, deux, trois, quatre, cinq... ivresse de théine en ne faisant que rire, rire et pleurer de rire. Voila ma meilleur soirée anglaise depuis mon arrivée...
Mais à l'heure où j'écris, mon estomac est enflé d'air, et implore de rejeter les litres de thé que j'ai absorbé en un temps record... Mauvaise nuit et très mauvais réveil en prévision...
Je ne savais pas que le thé rendait malade à l'image de l'alcool.

Photo pradal

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 21:58

Modifié le mercredi 03 octobre 2007 02:13

Empirisme


Se raconter, qui l'on est, qui l'on voudrait être, qui l'on a pas su être parfois. S'avouer nos remords, nos faiblesses, nos défauts. Savourer nos rires, nos sourires, nos éclats de rires. Ces jolis sons qu'on entend pas, ces tristes mines qu'on ne voit pas mais qu'on imagine dans le flou de la distance et des faibles souvenirs. Rentrer chaque soir un peu plus tôt, pour le « voir  » un peu plus longtemps. Se réveiller, laisser tomber sa main sur le clavier pour lui dire bonjour. Laisser l'écran allumé quand je lis et qu'il lit, quand je vais manger et qu'il cuisine, quand je regarde des épisodes de séries nulles et qu'il me distrait par des récits pseudo lyrique. Le quitter parfois pour un peu plus sociabilité mais ne penser qu'a lui. Ce n'est pas une passion qui brûle, qui empêche de respirer lentement, qui détruit. Ce n'est pas une passion du tout. C'est une relation qui s'est construite sans que je le réalise et qui a prit une place impensable dans ma vie.

Il veut que nous ayons des souvenirs, des vrais, avec des images, des sons, des odeurs, des gestes.

J'ai peur que tout se brise, que l'édifice se démantèle. Que sans la distance il n'y ai plus rien, plus de complicité, plus de désir, plus de sourires. Juste deux tristes visages rongés par leur grossière erreur.

Mais c'est trop tard les jours qui passent ne font que me rapprocher de lui. Dans une semaine, il sera là, nous serons là, tous les deux. Il a bien fallu que je prenne une décision.



Photo Pradal
Modele Magalie
Empirisme

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 20:54

Modifié le mercredi 03 octobre 2007 00:31

Bubble

Bubble
J'ouvre les yeux, j'attrape un bout de rideau pour le soulever sans avoir moi-même à me soulever. Il fait gris, un gris aveuglant. Je sort d'un cauchemar et ce ciel qui devrait accentuer mes angoisses où mon mal être, à tout l'effet inverse comme chaque matin. Je ferme les yeux à nouveau et grogne de contentement.
Chaque réveil est un soulagement que je m'explique mal, ou peu précisément.
Il y a la pression des parents qui premièrement s'est dissipée, la tyrannie du téléphone portable qui m'est désormais inconnue, le stress d'une vie en ville, les longueurs des trajets, les murs gris, les fumées de voitures... Il y aussi tout ce que l'on pense de moi, qui est loin, et débat dans le vide puisque je ne peux rien entendre, ni rien apprendre. Il y a toutes mes tristesses qui avec la distance se déchirent lentement et se consument.
Mais tout cela revient la nuit, à peine dissimulé sous les complexes codes de l'inconscient.

Ici, je déambule dans ma bulle aux reflets irisés... les couleurs de mon monde sont douces, mes sentiments sont pastels. Les parois sont rondes, les murs construits d'eau savonneuse.

Photo Pradal
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# Posté le vendredi 28 septembre 2007 07:08

Modifié le mercredi 03 octobre 2007 00:28

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Petite baisse de moral à la veille de la rentrée... La motivation me délaisse un peu ce soir au profit d'une petite déprime que je souhaite éphémère. J'ai un léger souci d'ordre sentimental que je ne sais résoudre par moi-même. J'ai connu a Prague, Aurélien. Nous sommes resté en contact grâce à cette immense toile virtuelle qui tisse les pays les uns avec les autres... conversations sans fin, sourires, confidences... une relation sans nom s'est petit à petit créée sans que je ne le souhaite particulièrement, sans que ça ne me déplaise non plus. Seulement voila, l'ambiguïté des premiers instants ne s'est pas dissipée, elle s'est matérialisée.
Il s'agit maintenant de savoir... ai-je où non envie qu'il me rende visite ici ? Une simple question qui remue tant d'éléments. J'ai peur de moi-même. Par rapport à ce que j'ai vécu ces derniers mois, par rapport à ce coté instable qui me caractérise.
J'ai toujours pensé qu'en écoutant au fond de soi on pouvait décelé notre vérité. Et si je m'écoute ce soir. Je dirais qu'accepter sa venue serait une prise de risque immense. Je ne connais plus ni sa voix, ni son allure... je n'ai pas envie d'une nouvelle catastrophe relationnelle. Pourtant souvent je me surprend à songer à lui, ici.
Je suis un peu comme anéantit par mes péripéties françaises, un peu comme cristallisée dans un passé que j'ai enjolivé. Ne faut-il pas que je fasse un pas en avant ?
Je ne me sent pas prête mais le serais-je un jour ?
Chaque journée qui passe, à me préservée de toute rencontre, ne m'enlise t-elle pas un peu plus ?
J'ai besoin de regards extérieurs, et vous me connaissez bien, alors qu'en pensez vous ?

Pour Ju : oui je sais !!
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# Posté le dimanche 23 septembre 2007 17:29

Modifié le dimanche 23 septembre 2007 20:23

Freshers' bal

Une brume neigeuse est tombée sur les lumières des porches de Parkwood. Le paysage est confus. Anaïs sur le porte bagage de ma bicyclette, nous revenons du freshers'ball. Les anglais s'amusent de notre tandem improvisé.

Escarpins, talons aiguilles, chuchotements de satin, perles brillantes... sur un fond de techno commerciale. Étrange cohabitation, entre élégance et médiocrité moderne... Mais je dois avouer que nous nous habituons. Ce soir, le bal était souriant.

Je n'ai plus le désir de juger. Si comme hier soir les T-shirt souhaitent tourbillonner à bout de bras des jeunes étudiantes du Kent, grand bien leur fasse. Je ne m'offusque plus. Partir, voyager, vivre avec autrui, celui qui vit là avant soi, et qui continuera là après, c'est accepter de s'ouvrir, et bien plus que l'on ne le pense. C'est prendre conscience de son propre conditionnement sociale pour comprendre celui de l'autre sans le rejeter avec violence, comme j'ai pu le faire lors de cette semaine d'intégration. Je n'ai pas souhaité venir ici pour vivre la même chose qu'en France alors pourquoi rechercher fiévreusement des similarités qui n'existent pas.
Bruit mat des talons sur les petits chemins de goudron. Sourde mélodie des femmes dans la nuit.
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# Posté le samedi 22 septembre 2007 21:49